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Religion(s) et inégalités

Si les inégalités sont obligées, la religion aiderait-elle à les mieux supporter?

 

Au vu de l’intitulé de la question entendue ce soir au cours d’un repas, on concèderait que la réalité de l’égalité des hommes serait une chimère et que la prégnance de la religion dans la conduite existentielle des hommes s’avèrerait comme un exutoire d’acceptation de faits inégalitaires et donc arbitrairement injustes.

 

 Au plan de la vie publique, dans une République Démocratique Laïque, tous les citoyens sont normalement assurés de l’égalité devant la Loi, laquelle devrait être indépendante de toute croyance ou non croyance.

Dans un tel système, en théorie, l’exercice quotidien de la vie citoyenne ne devrait tolérer aucune imbrication même intime du politique et du religieux au sens générique.

 

Au plan de la vie privée, la recherche de l’égalité de tous pour tous restera du domaine du rêve pour chacun car il existe autant de concepts d’égalité que de citoyens.

Et tous les systèmes économiques génèrent toutes sortes d’inégalités quand ils ne les renforcent pas.

 

Au plan de la religion, le chrétien considère que Jésus Christ, fils de son dieu, serait le premier initiateur du principe d’égalité. Le christianisme a rendu tous les hommes égaux devant leur dieu.

Et quelque soit la religion, chaque adepte est soumis identiquement à la même Loi, intangible, venant d’en haut.

 

Pour le croyant, la vie terrestre n’est qu’un passage initiatique lui permettant d’accéder à l’éternité édénique, égale pour tous. Cette espérance serait la clé permettant d’accepter les diverses inégalités.

 

Pour le non croyant, la vie, née du fruit d’un hasard, est une fin en soi. Elle lui appartient et, en hédoniste,  il essaiera de la rendre le meilleur possible à son niveau. Et la mort en est le dernier aléa.

 

Aujourd’hui, ne pourrait-on pas imaginer que nous devons faire face à 2 dogmes dont la complémentarité concomitante camouflée sert de gestion économico-humaine à de nombreuses nations. 

 

Le dogme religieux déiste avec autant d’impossibilités de démontrer l’existence ou la non existence d’une puissance dite supérieure et ce postulat :

« C’est ce qu’en fait l’homme qui dénature la religion qui est amour entre les hommes de bonne volonté. »

et dans le doute, ça n’engage à rien de croire puisque le paradis est promis.

 

Le dogme économique libéral qui promet la réussite pour tous par la régularisation naturelle des marchés et aussi ce postulat :

« C’est ce qu’en fait l’homme qui dénature le libéralisme qui est argent pour tous les hommes de bonne volonté. »

et dans le doute, ça n’engage à rien de ne pas réessayer puisque la richesse est espérance.

 

On peut lire cette connivence dans les « lettres aux romains » : (13-1,7)

« Que toute notre vie se soumette aux autorités qui la dépassent. Car, il n’est pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent, c’est Dieu qui les a établies.

Ainsi, qui se dresse contre l’autorité se dresse contre l’ordre instauré par Dieu. Les rebelles attireront sur eux-mêmes le jugement. Car les magistrats ne sont plus une menace pour ceux qui oeuvrent au bien mais pour ceux qui font le mal.

Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien et tu recevras d’elle des louanges. Car elle est le serviteur de Dieu pour t’encourager au bien.

Mais si tu fais le mal, crains-la ? Car ce n’est pas en vain qu’elle porte le glaive. De Dieu, elle est le serviteur : vengeresse, elle porte sa colère contre celui qui commet le mal. C’est pourquoi se soumettre est une nécessité. Non seulement par crainte de la colère, mais par soucis de conscience. »

 

Je ne vous dis pas la suite qui n’est pas de mise aujourd’hui car elle dit : «  C’est encore la raison pour laquelle vous acquitterez les impôts. Rendez à chacun ce que vous lui devez :     à qui l’impôt, l’impôt,                        à qui la taxe, la taxe,... »

 

Le discours religieux, la parole sacrée expliquerait cette connivence entre le pouvoir de dieu et le pouvoir économique profane décrit comme une volonté d’une puissance supérieure.

 

Cela posé, le monde profane peut générer les inégalités indispensables au développement de son système économique puisqu’il sait que la religion devient prescripteur  de remèdes nécessaires pour supporter les dites inégalités.

 

En la période actuelle de grandes crises économiques et spirituelles, ne resterait-il pas à créer un système économique idéal qui mette l’homme au centre de ses préoccupations premières.

 

Là, toute spiritualité qui n’aurait plus à servir de secours moral « low cost » des laissés-pour-compte pourrait recouvrer tout son sens.

 

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